mercredi 2 avril 2014

L'ascenseur émotionnel - NYC Day 5

L'amuse-bouche et le cocktail passion-citron vert
Cette nouvelle journée à New York a été marquée par une série d'événement, au diapason de laquelle un déjeuner chez Jean-Georges (et ce n'est pas de la gnognotte, comme dirait Papa). Pour vous resituer un peu l'affaire, Jean-George Vongerichten, un chef d'origine alsacienne à la tête d'une constellation de restaurants aux Etats-Unis et en Asie. Celui qui nous occupe aujourd'hui porte son prénom et détient 3 étoiles au Michelin. Pour rendre la chose abordable et sur les précieux conseils de l'oncle et la tante de G., nous avions pris soin de réserver une table au déjeuner sur Internet il y a quelques semaines.

Si le service mérite sans aucun doute ses trois étoiles (équipe très nombreuse, attentive et même attentionnée), le déjeuner nous a parfois un peu décontenancé. Les épices, très présentes, font écho au parcours international du chef et notamment à ses escales prolongées en Asie. Mais ce que je retient de sa cuisine, c'est sa dimension très "américaine" (merci à G. pour le mot juste): sauces denses et condiments y sont très présents, de même que les saveurs fumées et doucereuses. Pas de doute, le chef a une vraie patte, bien à lui et sa créativité s'exprime également dans la composition des plats, très visuelle et colorée.

Truite, oeufs de truite,
émulsion citron/huile d'olive
Pour ce déjeuner au sommet, le menu à 39$ nous proposait de choisir une entrée et un plat dans une liste assez dense et bien équilibrée, où quelques suppléments s'étaient glissés (de 8$ jusqu'à 40$ pour un plat avec du caviar). Les tarifs pratiqués sur la carte des vins s'étant révélés stratosphériques (pas moins de 16$ pour un verre de vin), nous avons choisi de débuter ce déjeuner par des cocktails sans alcools très originaux: cerise-yuzu pour G. et fruit de la passion-citron vert (assez épicé) pour moi et de poursuivre avec de l'eau gazeuse.
Comme dans nombre de restaurants français, nous nous sommes vus proposer un assortiment de pains et un peu de beurre pour patienter avant les amuses-bouches, très réussis, à la fois légers et pleins de saveurs printanières (flan de petit pois et vinaigrette de carotte, soupe émulsionnée, "maki" de riz gluant au sésame, rhubarbe et gingembre).

Saint-Jacques, chou-fleur et sauce aux câpres
Pour les entrées, nous avions opté pour de la "truite et oeufs de truite, citron et huile d'olive", fraîche et relevé (en dépit d'une sauce un peu lourde), et pour des "coquilles Saint-Jacques, chou-fleur caramélisé, émulsion de câpres et de raisins secs". C'est là que le bât blesse: les saint-jacques étaient parfaites, l'accord avec le chou-fleur également, mais la sauce aux câpres, toute en suavité, prenait le pas sur tout le reste. Je l'ai donc consciencieusement mise de côté.

Poulet en croûte de parmesan, artichauts, émulsion
Nous avons ensuite opté pour du "Poulet bio en croûte de parmesan, artichauts et beurre de basilic et citron" et un "Confit de cochon croustillant, pudding de rutabaga - en fait, une purée - et marmelade au bacon fumé". Si le premier plat était parfait, le second pêchait par excès... de tout : la marmelade (une sorte de chutney avec des morceaux de
Confit de cochon croustillant
bacon) était de trop: trop sucrée et à base d'un légume indéfinissable. Le côté croustillant du porc était la partie la plus réussie, car la chair, cuite longuement, s'est révélée un peu écoeurante. La purée de rutabaga m'a en revanche beaucoup plu.






Déclinaison de rhubarbe
Nous avons choisi de poursuivre par un dessert - hors menu, à 12$, avec une proposition alléchante de déclinaison en 3 temps d'un seul ingrédient. Au choix: chocolat, caramel, rhubarbe ou agrume. J'ai opté pour le caramel, qui se présentait sous forme de sorbet à l'ananas/fruit de la passion/brioche pas très intéressant, d'une crème
Déclinaison de caramel
caramel/sirop d'érable/poudre de bacon et de noix pécan, plutôt pas mal,  et d'une tarte à la noix de pécan/mousse au caramel/caramel au beurre, très lourde. La déclinaison à la rhubarbe était plus réussie, avec une tarte alsacienne à la rhubarbe, une compote épicée à la rhubarbe et un yaourt à la fleur d'oranger/crumble aux amandes, excellent.
Avant de clore le déjeuner nous ont été servies quelques mignardises.

En résumé: un restaurant de grand standing, une cuisine savoureuse mais pas toujours aussi raffinée en bouche qu'à l'oeil et dont le choix d'ingrédients originaux donne des résultats aléatoires.

A noter: le dress code "casual-elegant(pas de jean, de shorts, de baskets, de sandales) plus relax le midi que le soir (veste obligatoire pour les hommes) mais pas toujours respecté par la clientèle très touristique...

La Liberty Tower
Sans transition et pour poursuivre os aventures new yorkaises, nous sommes ensuite rendu au Mémorial du 11 Septembre. Nous n'avions pas réservé nos billets en ligne (l'entrée est gratuite mais une donation est recommandée), donc nous avons fait la queue pendant 15 minutes environ. Sans surprise, la sécurité y est très présente: passage de portique de sécurité, multiples vérifications des billets... Le site du mémorial est très beau et apaisant: d'immenses cascades (les plus grandes
d'Amérique du Nord) ont été construites en lieu et place des fondations des deux tours du World Trade Center détruites lors des attentats du 11 Septembre 2001. Elles sont bordées de parapets où sont gravés les noms des victimes des attentats de 1993 et de 2001. L'ensemble du site est planté d'arbres, ce qui en fera à terme une sorte de jardin. Un musée dédié aux attentats ouvrira en Mai 2014.


1 Central Park West New York, NY 10023
Menu déjeuner à 39$, mais compter plutôt 70$/personne avec un dessert, de l'eau, un cocktail sans alcool et un café/thé (sans le vin).

L'accueil des visiteurs se fait actuellement à l'angle d'Albany Street et de Greenwich Street.
Donation libre mais 5/10$/personne recommandés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire